Patrimoine
De nombreux éléments rappellent à tout moment le monde de la voie
d’eau, et c’est en flânant dans les ruelles aménagées ou sur les quais que l’on
découvre des ancres et des lampes de bateau en façade, ou une girouette
représentant ici, un bateau, là, un marinier, autant de témoins du passé de
Saint-Mammès.
Quai de Seine
Résidentielle et commerçante, cette façade Seine a connu de nombreuses
transformations au cours des siècles
L’église, dédiée à Mammès, saint guérisseur de Cappadoce, a sans doute été
élevée autour de l’an mil. Elle abrite une statue du saint datant du XIIIème
siècle, une statue représentant une très belle Vierge à l’enfant (XIVème
siècle), ainsi que plusieurs pierres tombales du XIIIème siècle.
Actuellement situé sur le parking de l’église un polissoir de grès, fut
découvert à Saint-Mammès vers 1890 au lieu-dit «La Bande à l’aise», au niveau
de l’actuelle rue des Ecoles. Il fut ensuite transporté en 1923 dans la
propriété de M. George LIORET, ancien maire de Moret-sur-Loing. Pour cela, il
fut cassé en deux morceaux. Depuis avril 2003, il a retrouvé sa terre
d’origine. Ce polissoir atteste une occupation préhistorique de notre
territoire et servait à nos lointains ancêtres à réparer leurs haches. D’un
poids d’environ 1.5 à 2 tonnes, l’ensemble a une longueur de 1.70m pour une
largeur de 1.40m et une épaisseur de 0.45m à 0.65m.
Depuis le début des années 1985, notre commune a initié une politique de
développement local axée sur la réhabilitation et la mise en valeur de son
patrimoine. Ainsi, en 1990, la rénovation du centre-bourg a permis la
restauration de l’église, de sa place et la réhabilitation de la Mairie.
Mise en service du port d’escale, par un traitement paysager et urbanistique de
qualité, a fait de Saint-Mammès un véritable lieu de vie et a initié un
mouvement touristique, notamment avec la plaisance.
Sur le quai de Seine se trouve aussi le plus ancien souvenir marinier: une porte
ornée d’une ancre aux initiales L.B., datée de 1610. Cette trace atteste d’une
présence ancienne de l’activité marinière sur Saint-Mammès.
Quai du Loing
Après l’ouverture du canal de Briare, en 1642 et du canal d’Orléans en 1692, le
canal du Loing permit à de nombreux bateaux de rejoindre la Seine, malgré les
vingt-six pertuis à franchir. Le canal, qui relie Montargis à Saint-Mammès, fut
construit entre 1719 et 1724. La compagnie fermière qui l’exploita, propriété
du duc d’Orléans, fit alors construire sur son parcours des bureaux et maisons
éclusières pour assurer la police, l’entretien, le passage des bateaux et
l’encaissement des péages. A Saint-Mammès, situés dans un vaste enclos qui
comprend des jardins et une pépinière, la maison éclusière et l’hôtel du
lieutenant du juge-conservateur et de l’adjoint au procureur fiscal du canal
subsistent.
Par la suite, l’hôtel fut occupé par le Receveur et le Contrôleur. Aujourd’hui,
seule la belle grille rappelle les fastes du Duché. L’hôtel abrite actuellement
l’agence de Voie Navigable de France.
Discrète et intacte, la maison de l’éclusier est, à quelques modifications près,
telle qu’elle a été conçue au XVIIIème siècle. Sa particularité est
d’être coiffée d’ardoise, dans une région où la tuile domine.
Créée en 1749, la pépinière avait pour rôle principal de fournir des arbres pour
l’agrément et l’ornement du canal du Loing. Elle servait également à cultiver
l’osier qui était ensuite vendu aux villageois.
L’écluse de Saint-Mammès est une exception sur le canal du Loing. En effet,
alors que les écluses sont toutes à perrés,
celle de Saint-Mammès est à bajoyerss.
Longue de 30 mètres, elle fut construite dès 1724 et prolongée par un barrage.
En 1890, elle est agrandie pour pouvoir accueillir des bateaux de 38.50 mètres.
Une reproduction d’un des éléments mobiles de l’ancien barrage a été réalisée
afin de présenter son procédé particulier. Le principe était simple: on
disposait ces éléments côte à côte, ce qui permettait de former un barrage
avec, au-dessus, une passerelle pour traverser le canal ou, pour les éclusiers
barragistes, manœuvrer les panneaux.
La municipalité, dans un souci de mise en valeur de son patrimoine batelier, a
décidé d’aménager le quai du Loing, notamment avec la création du parcours de
«la Bourse» et l’installation de fresques représentant les métiers de la voie
d’eau. Elle a également racheté une péniche –le Jonor-, qui deviendra peut-être
un jour un Centre d’Interprétation du Patrimoine batelier.
Quai Croix-Blanche
Situé en amont du pont, ce quai
vient compléter la façade Seine. On y retrouve quelques témoins de l’histoire
mammésienne.
Le château de la Croix-Blanche est un modeste manoir à tourelles du XVIIème
siècle. Il s’agit d’une construction entourée de mystères. On en sait très peu
de choses, si ce n’est qu’une certaine Marguerite ROGER est dite dame de la
Croix-Blanche en 1672. Une peinture murale du XVIIIème siècle a été
mise au jour dans l’une des pièces du château. Elle représenterait Louis XIV.
Un peu plus loin sur le quai, une ancienne auberge conserve, dans sa cour, une
galerie de bois que le peintre impressionniste Alfred Sisley immortalisa dans
son tableau «Cour de ferme». Les lieux n’ont d’ailleurs aujourd’hui
pratiquement pas changé.
Entre 1880 et 1894, Sisley a très souvent fréquenté les quais et les berges de
la commune. Plus de deux cents de ses toiles représentent un lieu de
Saint-Mammès ou ont été peintes sur le territoire communal.
La commune a été régulièrement victime de crues spectaculaires. En témoignent,
d’ailleurs, de nombreuses échelles de crue disséminées sur les quais et dans
certaines ruelles de la commune.
Les Espaces Naturels Sensibles
Les Espaces Naturels Sensibles (ENS) sont des sites et milieux naturels
remarquables ou particulièrement menacés. Le Conseil Général de Seine-et-Marne
a donc décidé de les préserver, de les mettre en valeur et de les ouvrir au
public. La loi du 18 juillet 1985 lui a fourni pour cela deux outils
particulièrement intéressants :
- Le droit de préemption, en cas de cession.
- Le bénéfice de la taxe des ENS.
A Saint-Mammès, on compte aujourd’hui deux ENS :
- Les bords de Seine, en face du village de la celle, aux lieux-dits «l’Ile la
Celle», «l’Ile de Nanchon», «l’Ile de la Jonchère» et «l’Ile aux Rats», dont
l’intérêt réside plus dans le site que dans la faune et la flore.
- «la Roche-Godon», située au-dessus de la gare de Saint-Mammès et qui se
prolonge sur Moret-sur-Loing par la «Montagne creuse». Il y existe deux pôles
d’intérêts essentiels : les points de vue sur la vallée du Loing et la flore,
avec notamment les espèces protégées de l’anthericum liliago et de
l’hélianthémum conum.
Prenons donc plaisir à apprécier ces lieux et sachons les préserver.